Rendre à Karl ce qui est à Karl

En comparant le cahier de notes de Karl Polanyi qui se trouve à l’archive 07/08, 183-254 et celui qu’on trouve en 46/13, on s’aperçoit qu’ils sont identiques. Identiques tout d’abord matériellement, puisqu’on reconnait1 puisque la numérisation des archives ) le même type de couverture  de cahier, ainsi que les mêmes lignes sur les feuilles de papier :

AKP 07/08, 209
AKP 46/13, 26
De plus, les écritures paraissent similaires dans les deux cas, ainsi que le sujet, puisque ces notes concernent des “médecins”2, avec des auteurs des XV et XVIème (HarveyParacelseSantorio SantorioSylvius), du XVIIème siècle (Boerhaave, Borelli) ou du XIXème (Foster). Un exemple avec Boerhaave : Continuer la lecture de Rendre à Karl ce qui est à Karl
  1. Ou du moins devine, il faudrait, pour en être sûr, voir les deux carnets, physiquement, à Montréal []
  2. Ou des alchimistes, comme ceux dont Polanyi parle dans la série de conférences, Deutsches Leben und Schriftum, donnée en 1939 ? []

Une citation de Hegel

On trouve une référence à Hegel au dos d’une (bribe de) lettre, non-datée, en hongrois, d’une écriture rapide et difficile à lire, qui se trouve dans le dossier consacré aux lettres envoyées à Kari Polanyi-Levitt (sans qu’on sache cependant ce que vient faire ce document ici, le père n’ayant pas pour habitude d’écrire à sa fille en hongrois – le parele-t-elle seulement, elle qui est née à Vienne), sur un papier fin. Polanyi écrit d’abord la citation de Hegel, d’abord en anglais, puis en allemand [AKP 59/02, 58] : Continuer la lecture de Une citation de Hegel

Deutsches Leben und Schrifttum, une étonnante série de conférences de Polanyi en 1939

Etonnante archive que celle des 6 conférences qu’on trouve en AKP 15/06, rassemblées sous le nom de „Deutsches Leben und Schrifttum” [littéralement : « Vie allemande et littérature »]. En effet, ces conférences que Karl Polanyi a données en janvier et février 1939 pour les “extensions courses” de l’Université de Londres / Gresham College, ont d’une part été prononcées en allemand. Il est légitime de se demander quel public était alors visé et attendu. Y avait-il une émigration germanophone à Londres ou des Londoniens germanophones à Londres en quantité suffisante pour remplir l’assistance de ces conférences payantes ? A-t-on fait une faveur à Polanyi en lui laissant parler sa deuxième langue d’adoption ? Continuer la lecture de Deutsches Leben und Schrifttum, une étonnante série de conférences de Polanyi en 1939

Abraham Rotstein, un étudiant de Karl Polanyi se souvient

“Weekend Notes”, court film réalisé par David Nadjari en 2015, pose des images sur les échanges qu’avaient eu Karl Polanyi et Abraham Rotstein, un ancien étudiant du premier, entre 1956 et 1959, et que ce dernier a consigné dans des carnets tapées à la machine à écrire.

Ces Weekend notes de l’ancien étudiant de Polanyi à Columbia, sont consultables sur le wiki Karl Polanyi ainsi que dans les Archives Karl Polanyi de 42/02 à 42/20. Il y a donc 18 archives dans la version numérisée.

Or, ‘Abe’ Rotstein, dans la présentation qu’il a donné de ses notes en 1994, publiée  dans le recueil d’articles de Kenneth McRobbie, écrit qu’« il y a 25 dossiers de matériel non-publié, appelés « Notes de fins de semaines”1. Ils s’ajoutent à approximativement 800 p. de feuilles tapées en interligne double » [Rotstein 1994, 135]. Dans les archives, 7 dossiers sont manquant (parties V, VI, VII, VIII, X, XVI et XXV), qui devaient manquer au moment où les boites et dossiers ont été constitués, puisque la numérotation de ceux-ci se suivent (45/02 à 20) en omettant les 6 dossiers manquant qui auraient dû se trouver entre 45/06 et 45/26…

C’est extrêmement gênant car l’ancien professeur et l’ancien étudiant / futur collègue (puisque Polanyi envisageait d’écrire un livre à la fin des années 1950), avaient une relation très franche, semblaient se comprendre et Polanyi révèle de nombreuses choses sur ses influences, ses pensées profondes peu exprimées dans ses écrits, etc. dans ces entretiens amicaux, qu’A. Rotstein a ensuite retranscrit…

Je suis en train de les taper, peu à peu, et du moins ce qu’il y a dans les archives numérisées, en me concentrant sur quelques questions qui m’intéressent actuellement plus précisément, comme son rapport (sous-estimé) à Robert Owen2, son christianisme (l’importance et la teneur de celui-ci), son rapport à la religion juive ou au sionisme, contrastant avec son appréciation de la figure de Jésus. Je reprendrai sans doute d’autres points par la suite, tout taper étant un travail assez long.

1ère pub. le 16 février 2017 – Mis à j. le 19 juin 2017.

  1. Si déjà je traduis… []
  2. Alors que celui à Marx est largement surestimé, Polanyi ne s’intéressant de toute façon jamais qu’au Marx des Manuscrits – reste à savoir si les marxistes considèrent que c’est déjà Marx ou un pré-Marx… []

Correspondance d’Ervin Szabó dans les archives

Comment expliquer la présence (d’une partie) de la correspondance d’Ervin Szabó avec Aline Klatschko [AKP 56/02] et Samuel Klatschko [AKP 56/03] ? Les deux correspondances datent d’entre 1899 et 1901, et les lettres traduites du hongrois en allemand, ont été retranscrites à la machine à écrire sans coquilles et sans ratures.

Qui a réalisé ces transcriptions, pour qui et dans quelle(s) intention(s) du commanditaire ? Pourquoi ces lettres ont-elle été traduites en allemand et non en anglais ? Est-ce Karl Polanyi qui l’a réalisé lui-même (entre 1919 et 1933 à Vienne, ce qui expliquerait l’allemand), ou a-ce été réalisé pour lui par quelqu’un d’autre ; mais qui et quand ? Sont-ce ses proches, après les années 1960, mais pourquoi ?

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Alain de Benoist et Karl Polanyi

Alain de Benoist met Karl Polanyi dans la liste des personnes qu’il invite à lire sous la forme d’un lien vers le site de l’Institut Karl Polanyi français. Est-ce justifié d’après vous ? Peut-il y avoir des passerelles entre la pensée des deux hommes ?

On remarque aussi que le site du Journal du M.A.U.S.S. semblé apprécié par le penseur français, ce qui parait cohérent si on se souvient que les proches de cette revue et héritiers français de Marcel Mauss, ont souvent tenté d’établir un front commun entre Karl Polanyi et l’auteur de l’Essai sur le don, comme par exemple Jean-Louis Laville avec deux articles : « Encastrement et nouvelle sociologie économique : de Granovetter à Polanyi et Mauss » en 2008 et « Avec Polanyi et Mauss. Vers une théorie de la démocratie et de l’économie plurielles », en 2013. Karl Polanyi, Marcel Mauss et Alain de Benoist sur un même bateau ?

Quand Karl Polanyi croise Friedrich Hayek

Petit clin d’œil au dialogue à distance entre Karl Polanyi et Friedrich Hayek, dans le numéro du 9 mai 1925 du Österreichische Volkswirtschaft où juste après un article du premier, „Churchills Budgetpolitik“, se trouve la suite d’une article du second, „Das amerikanische Bankwesen seit Reform von 1914“ :

Karl Polanyi en hongrois / Karl Polanyi in Hungarian

Gareth Dale a publié les Hungarian Writings en juillet 2016 dans lesquels 39 textes ont été traduits (par Adam Fabry) en anglais. Dans les archives de Karl Polanyi, il reste néanmoins plus de 40 textes en hongrois qui demeurent inaccessibles aux non-magyarophones. Il est d’autant plus étonnant qu’ils n’aient pas été traduits, pour certains, que Kari Polanyi-Levitt et Ilona Duczyńska désiraient les faire paraître en anglais dans un recueil de textes de Karl Polanyi, dès 1972 [AKP 45/01] : “Egy ‘antimarxista’ naplójából” (1958), “Ötven év” et “Széljegyzetek a szocialista világfordulóhoz” (1960). On peut donc considérer qu’ils auraient dû être prioritaires…

Parmi les difficultés rencontrées, je n’arrive pas à lire ce titre, à l’archive KP 04/09, 12, un article que j’ai appelé provisoirement “Korai kereszténység és a kommunizmus Rerefémpéj és Kommüni” :

Gareth Dale published the Hungarian Writings in July,  2016, in which 39 texts has been translated in English. In the Karl Polanyi Archives, there remain however a lot of texts in Hungarian never translated. For some of them, the fact they were not translated is astonishing since Kari Polanyi-Levitt and Ilona Duczyńska wanted to publish in English (“Egy ‘antimarxista’ naplójából” (1958), “Ötven év” and “Széljegyzetek a szocialista világfordulóhoz” – 1960)). So, one can  considers that it should have been translated in priority…

Among the difficulties encountered, I can not read this title, in the KPA 04/09, 12 (see above).

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